Les fortes chaleurs peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé du cheval. Découvrez comment adapter le travail, reconnaître les signes d’un coup de chaleur et préserver le bien-être de votre compagnon.
En période de canicule, le cheval est particulièrement sensible à la chaleur. Travail, hydratation, alimentation et récupération doivent être adaptés pour éviter les accidents. Voici tous nos conseils.
Les fortes chaleurs : un véritable défi pour le cheval
Chaque été, les épisodes de canicule deviennent plus fréquents et plus intenses. Si le cheval est capable de supporter des températures relativement élevées, il peut rapidement se retrouver en difficulté lorsque la chaleur s’accompagne d’une forte humidité, d’un manque d’ombre ou d’un effort physique important.
Un cheval qui travaille dans de mauvaises conditions peut souffrir de déshydratation, d’épuisement thermique ou, dans les cas les plus graves, d’un coup de chaleur, une urgence vétérinaire pouvant mettre sa vie en danger.
Apprendre à reconnaître les signes de fatigue et adapter son programme de travail est indispensable pour préserver sa santé.
Pourquoi la chaleur est-elle si difficile à supporter ?
Contrairement à l’être humain, le cheval produit énormément de chaleur lorsqu’il travaille.
Son organisme évacue cette chaleur principalement grâce :
- à la transpiration ;
- à la respiration ;
- à la circulation sanguine.
Lorsque la température extérieure est élevée, ces mécanismes deviennent moins efficaces.
Si l’humidité est importante, la transpiration s’évapore moins bien et le cheval se refroidit difficilement.
Le risque augmente fortement lors :
- des compétitions ;
- des longues randonnées ;
- des transports ;
- des séances intensives ;
- des paddocks dépourvus d’ombre.
Quels chevaux sont les plus sensibles ?
Tous les chevaux peuvent être concernés, mais certains présentent davantage de risques :
- les chevaux âgés ;
- les poulains ;
- les chevaux en surpoids ;
- les chevaux souffrant de maladies respiratoires ou cardiaques ;
- les chevaux très musclés ;
- les chevaux peu entraînés ;
- les chevaux à la robe noire, qui absorbent davantage le rayonnement solaire.
Les signes d’un cheval en difficulté
Il est essentiel de savoir reconnaître rapidement les premiers symptômes.
Votre cheval peut présenter :
- une transpiration très abondante… ou au contraire ne plus transpirer du tout ;
- une respiration rapide et difficile ;
- une fréquence cardiaque élevée qui tarde à redescendre ;
- une fatigue inhabituelle ;
- une perte d’équilibre ;
- un manque de réactivité ;
- des muqueuses rouges foncées ;
- une température corporelle supérieure à 38,5 °C au repos ou qui reste très élevée après l’effort.
Dans les cas les plus graves, le cheval peut s’effondrer.
➡️ Il s’agit alors d’une urgence vétérinaire absolue.
Comment adapter le travail pendant la canicule ?
Privilégier les heures les plus fraîches
La meilleure solution consiste à monter :
- tôt le matin ;
- ou en soirée.
Entre 12 h et 18 h, les températures atteignent souvent leur maximum et il est préférable d’éviter tout effort important.
Réduire l’intensité des séances
Pendant les fortes chaleurs, inutile de chercher la performance.
Il est préférable de :
- raccourcir les séances ;
- privilégier le travail technique ;
- éviter les exercices très physiques ;
- augmenter progressivement les temps de récupération.
Le cheval conservera ainsi sa condition physique tout en limitant les risques.
Adapter le type de travail
Lorsque les températures dépassent les 30 °C, il peut être judicieux de remplacer une séance intense par :
- une promenade au pas ;
- du travail à pied ;
- des exercices de mobilisation ;
- quelques étirements ;
- une séance de longe très légère.
Les jours de canicule, le repos reste parfois la meilleure décision.
Bien hydrater son cheval
Un cheval peut boire 30 à 60 litres d’eau par jour, voire davantage lorsqu’il fait très chaud.
L’eau doit toujours être :
- propre ;
- fraîche (mais jamais glacée) ;
- disponible en permanence.
Après un effort, il est recommandé de proposer plusieurs petites prises d’eau plutôt qu’une énorme quantité d’un seul coup si le cheval est très échauffé.
Les électrolytes : utiles dans certains cas
Lorsqu’un cheval transpire abondamment, il perd également :
- du sodium ;
- du potassium ;
- du chlorure ;
- du magnésium.
Pour les chevaux de sport, d’endurance ou participant à des compétitions estivales, une complémentation en électrolytes peut être intéressante, toujours en veillant à laisser un accès permanent à l’eau.
Demandez conseil à votre vétérinaire pour choisir un produit adapté.
Comment refroidir efficacement son cheval ?
Après l’effort :
- douchez abondamment les épaules, l’encolure, le poitrail, les membres et l’arrière-main ;
- retirez régulièrement l’eau chaude avec un couteau de chaleur avant de recommencer ;
- placez le cheval à l’ombre ;
- favorisez la circulation de l’air.
Contrairement à une idée reçue, il n’est pas dangereux d’utiliser de l’eau fraîche pour refroidir un cheval en bonne santé après un effort. Au contraire, cela favorise une baisse rapide de sa température corporelle.
Adapter l’alimentation
Par fortes chaleurs, le cheval peut perdre de l’appétit.
Quelques conseils :
- distribuer le foin aux heures les plus fraîches ;
- fractionner les repas ;
- éviter les excès de concentrés lors des journées très chaudes ;
- maintenir un accès permanent à un bloc de sel.
Une alimentation équilibrée contribue à une meilleure récupération.
Le transport en période de chaleur
Le transport est une situation particulièrement éprouvante.
Avant de partir :
- vérifiez la ventilation du van ou du camion ;
- voyagez tôt le matin ;
- prévoyez des pauses régulières ;
- proposez de l’eau dès que possible.
Ne laissez jamais un cheval immobile dans un véhicule fermé en plein soleil, même quelques minutes.
Prévenir plutôt que guérir
Quelques gestes simples permettent de limiter les risques :
- offrir un abri ou des arbres dans les paddocks ;
- installer plusieurs points d’eau ;
- surveiller les chevaux plusieurs fois par jour ;
- adapter les horaires de sortie ;
- limiter les compétitions lors des épisodes de canicule ;
- observer attentivement le comportement de chaque cheval.
Chaque individu réagit différemment à la chaleur.
Conclusion
Les fortes chaleurs représentent aujourd’hui un véritable enjeu pour tous les propriétaires de chevaux. En adaptant les horaires de travail, l’intensité des séances, l’hydratation et la récupération, il est possible de préserver la santé de son compagnon tout en continuant à travailler dans de bonnes conditions.
Être attentif aux premiers signes de fatigue, respecter les capacités de son cheval et privilégier son bien-être sont les meilleures façons de traverser l’été en toute sécurité. Un cheval bien hydraté, correctement refroidi et travaillé intelligemment sera non seulement plus performant, mais aussi plus serein et en meilleure santé.
